Magalie ! Ou comment de collègue de travail elle est devenue mon amie.
Magalie est d'origine parisienne, elle est arrivé à Perpignan en 2001 avec son fils et le père de son fils. Très vite, elle s'est retrouvé mère célibataire, sans travail, sans amis, sans famille. Elle s'est accrochée pour trouver un boulot, pas facile dans ma région, le chomage est très présent. Elle a fini par décrocher une place chez nous en 2003. On s'entendait bien comme 2 collègues de travail, dans ma boite nous sommes 3 salariées (Magalie, ma chef et moi). Je m'entendais bien avec ma chef et c'était un peu difficile pour Magalie de s'insérer. Puis au fil du temps, on a appris à se connaitre, à s'apprécier, il n'y avait pas cette mésentente entre collègues, on ne se tirait pas dans les pattes, chacune respectait le travail de l'autre. J'adore travailler avec Magalie. Tout le monde ne peut pas en dire autant de ses collègues de travail !
On faisait quelques sorties en soirées ensemble, avec Sabine (Sabine était la secrétaire d'un client). On se marrait bien toutes les 3. Elles sortaient plus souvent toutes les 2, moi j'essayais de venir de temps en temps quand je pouvais me libérer. Petit à petit je me suis confiée à Magalie, c'est une personne très à l'écoute, très intelligente et est une fine psychologue. Je lui ai raconté le calvaire que je vivais avec le père de ma fille, dès le début de son arrivée dans ma boite je lui disais déjà que je voulais le quitter mais que je ne savais pas comment, que je n'avais pas le courage, et que ce n'était pas bien pour ma fille, j'étais prête à me sacrifier pour ma fille. Et là, elle m'a tout simplement aidé à faire le point sur moi-même, sur ce que je voulais vraiment dans la vie. Je n'y avais pas vraiment réfléchi avant. J'ai appris à m'aimer et à trouver au fond de moi le courage de dire non à cette vie de merde que j'avais. Elle m'a simplement ouvert les yeux, mais jamais elle ne m'a dit de quitter le père de ma fille. Les réponses à mes questions je les ai trouvé en moi, elle m'a juste aidé extérioriser tout ca. Elle joue le rôle d'une grande soeur ! C'est dingue la vie ! J'ai déjà une grande soeur, et pourtant, elle ne m'a jamais écouté et aidé dans la vie comme l'a fait Magalie.
C'est un vrai plaisir tous les jours de venir travailler car je sais que Magalie est là, on se marre bien au boulot, même avec la chef (avec qui elle avait du mal au début), ca se passe super bien, elle nous materne un peu. Je peux dire que ces 2 femmes ont fait bien plus pour moi, notamment quand je vivais un cauchemar lors de ma séparation, que ma propre famille. Magalie m'a soutenu, elle m'a prêté sa voiture quand O avait pris la mienne en 2005, elle m'a empêché de craquer. Elle a vu dans quel état j'étais, je marchais avec la peur au ventre, peur de voir l'autre débarquer à mon travail, me piquer mes affaires... Heureusement j'ai toujours pu compter sur elle, elle a toujours de bons conseils à me donner. Ce que j'admire beaucoup chez Magalie, c'est sa force, son courage et son dévouement. Je n'ai jamais rencontré quelqu'un comme elle ! J'espère que notre amitié durera longtemps !
Celui que Manon appelle papa !
Manon est née en 2002, j’avais 27 ans. Quand j’ai connu son père j’en avais 21.
Avant de rencontrer le père de ma fille, je sortais d’une relation de 3 ans qui m’avait rendue très vulnérable, une relation qui m’avait fait perdre toute confiance en moi. J’avais été trahie, trompée par le garçon de l’époque alors qu’on vivait ensemble. Je croyais bêtement en l’amour !...
J’avais une amie que je connaissais depuis l’âge de 3 ans. En grandissant, nos chemins avaient évolué différemment mais de temps en temps on se retrouvait. Nous étions opposées elle et moi ; j’étais une fille assez sage, rangée, presque irréprochable. Elle, elle était tout le contraire, c’est que j’aimais en elle, elle réveillait un côté sombre chez moi qui ne demandait qu’à sortir. Elle fumait des joints, buvait de l’alcool, allait dans les raves (un milieu inconnu pour moi qui me semblait hostile). Je me suis laissée entraîner dans son monde et j’ai adoré, enfin je m’éclatais…A partir de là j’ai tout commencé : fumer des cigarettes, des joints, boire de l’alcool et consommer de la drogue dure dans des soirées plutôt glauques, en boîte ou organisées dans la nature, on appelait ça les raves. Ca me faisait peur d’un côté, mais j’étais attirée par ce milieu, j’adorais la techno et l’ambiance, j’avais besoin de m’extérioriser, de casser cette image de gentille fille. Personne n’aime les gentilles filles !
Un jour, elle m’a présentée à un de ses copains qui lui fournissait régulièrement de la marijuana, on l’appellera O. Ce n’était pas du tout le genre de mec que je fréquentais jusqu’alors, il était sympa, pas tellement mignon, il avait les cheveux longs, pas très cultivé, il avait une façon de parler que j’aurais détesté avant, mais il me faisait rire, son côté gamin m’attendrissait, et son côté bad boy m’attirait plus que tout. A force de le côtoyer, j’en suis tombé amoureuse et lui aussi. Je savais au fond de moi que ce n’était pas un mec pour moi, on n’avait rien en commun. Un mois après qu’on soit sorti ensemble il s’est retrouvé en prison pour une histoire dont soi-disant il n’avait rien à voir. Au lieu de fuir, je suis restée, je ne savais pas vraiment pourquoi…
Au bout d’un an, on s’est installé ensemble, on s’aimait, on faisait tout le temps la fête, trop ! O ne savait rien faire d’autre. Gérer les finances, assumait le rôle de l’homme à la maison, il ne savait pas faire. J’ai donc tout assumer toute seule, après mes études j’ai trouvé un travail pour subvenir aux besoins du couple, lui, il bossait de temps en temps, il se faisait entretenir, il fumait beaucoup trop. Pendant que je bossais tous les jours, il se mettait volontiers au chômage pour traîner au lit le matin, inviter ses copains à la maison pour jouer à la console de jeux tout en fumant et buvant des bières à longueur de journée. Un jour, j’en ai eu marre de tout ça et j’étais décidée à le quitter. Il était comme un fou, il ne voulait pas me perdre, il avait besoin de moi, et il m’a promis de changer, je l’ai cru, je voulais qu’il change, qu’il assume car je voulais un enfant. J’étais en âge où ce désir de mère jaillit du plus profond de vous-même, alors j’ai cru en lui, je lui laissé une chance de devenir un homme…
C’était pire ! J’ai vécu ma grossesse SEULE ! Il voulait en profiter avant de se retrouver papa, c’est ce qu’il me répétait. J’étais malheureuse, le futur père de mon enfant n’était jamais là, alors pour compenser, je mangeais. J’ai pris 26 kg pendant ma grossesse !
Je continuais à croire que ça allait changer, que d’être père le ferait devenir adulte, qu’il allait s’occuper de moi, de notre enfant, que s’il réagissait comme ça, c’est parce qu’il avait peur ! Mais moi aussi j’étais pétrifiée de devenir maman, l’accouchement me terrifiait, m’occuper d’un bébé m’angoissait, je n’ai jamais pu lui en parler, à chaque fois que j’essayais il fuyait, il ne voulait pas de conflits, que je lui prenne la tête. PAUVRE FILLE ! Voilà ce que j’étais !
Manon est née et a fait de moi sa mère. A ce moment là, pleins de sentiments, d’émotions se mélangent. J’aurais voulu accoucher sans lui, qu’il ne soit pas là, je ne voulais pas partager ce moment qui m’appartenait, il ne le méritait pas. Mais il était présent. Je ne lui ai pas balancé toutes les injures que les femmes disent au moment d’accoucher à leur mari. J’aurai dû ! Je le détestais ! Mais il était le père de ma fille et il fallait faire avec. Du moins jusqu’à ce que je réalise que la vie ce n’était pas ça, que je méritais mieux. J’avais le droit d’être heureuse !
Je ne voyais pas comment j’allais me sortir de là, de ce piège, on nous dit que c’est pas bien, pour les enfants il faut tenir, mais je n’en pouvais plus, ce n’était pas ma vie, et ma fille ne pouvait pas voir sa mère dans cet état. Il fallait que je fasse quelque chose, alors j’ai fini par le tromper. Ca a été un déclic pour me décider à quitter O.
Fin 2005, je suis partie avec ma fille âgée de 3 ans un matin très tôt comme une voleuse, pour aller vivre chez mes parents. O est devenu fou. J’avais déposé une main courante à la police car j’avais très peur de lui. Il m’avait séquestrée dans l’appartement au moment où j’avais voulu récupérer mes affaires, il m’insultait, me menaçait de mort, il voulait tuer mon amie Magalie (et son fils) qui, à ses yeux, était la responsable de ce gâchis. Il avait pris mon sac à main ; il utilisait mon portable pour appeler Magalie ; il avait les clés de ma voiture, je ne pouvais plus aller travailler, il avait les clés de mon travail, on a dû faire changer les serrures ; il avait mes papiers, j’ai dû les refaire en faisant une fausse déclaration à la police ; il appelait à mon travail tout le temps, me harcelait, insultait ma responsable, c’était un cauchemar ! Personne n’arrivait à le raisonner. Le pire c’est qu’il était resté dans l’appartement alors que mon père s’en était porté caution. J’avais donné le préavis, il ne payait pas le loyer, je continuais à le payer pour ne pas avoir d’ennuis. J’ai ensuite aménagé dans un petit appartement où il n’y avait qu’une chambre pour Manon, ma responsable avait payé 3 mois de loyer pour moi. O menaçait de mettre le feu à l’appartement pour que mon père ait des ennuis. A la fin du préavis, je suis allée lui demander de se calmer, le seul moyen que j’avais trouvé, pour que mon père ne soit pas tracassé, c’était qu’il vienne vivre avec moi en lui promettant que j’étais prête à recommencer avec lui. Il y a cru. Mais très vite il s’est aperçu que j’avais menti pour qu’il libère l’appartement. Ma vie à ses côtés était un cauchemar, je dormais avec ma fille, la pauvre, elle ne comprenait pas, elle voyait sa mère malheureuse. Je ne voulais plus de ça, j’ai tout arrêté en quittant mon appartement, et il a dû se résigner à partir. O n’avait aucune fierté, pourquoi ne l’avait-il pas fait de lui-même ? Manon et moi sommes allées vivre à nouveau chez mes parents en attendant…
Sept mois plus tard, O a recommencé à être violent, pour une raison que lui seul connaît, j’ai porté plainte à la gendarmerie contre lui. Je décidai alors de prendre un avocat pour définir les modalités de garde de Manon, car c’était devenu n’importe quoi, et fixer une pension alimentaire car O ne me donnait jamais d’argent pour Manon, j’assumais toutes les dépenses.
Aujourd’hui, la procédure n’est pas finie, l’audience a lieu en octobre, je vois enfin le bout du tunnel. Je n’ai pas compris cette agression près de 2 ans après. Manon a tout vu ! C’est une enfant qui est tiraillée entre son père et sa mère, et ça me rend malheureuse. Je ne dis jamais de mal de son père, je le respecte malgré tout, alors que lui, ne se prive pas de raconter les pires vacheries sur moi. Il a même dit un jour à Manon de répéter à Magalie que c’était une pute ! C’est vraiment un irresponsable, un nul ! Je m’en veux d’avoir choisi un tel père pour Manon, j’espère qu’elle ne sera pas déçue plus tard, qu’elle ne m’en voudra pas. Son père l’aime, mais cela suffira-t-il ?
Dernier texto reçu de ma soeur le 11/09/07 à 8 h 36 du matin ("Tu donnes les clés à papa, toi c'est terminé tu n'as pas de coeur c fini j'en ai assez de me faire envoyé chier je ne veux plus te voir jusqu'à la fin de ma vie toi et ta fille").
Ca calme ! Texto envoyé suite à son appel téléphonique à 8 h 30 où j'ai eu le malheur de décrocher alors que je venais de laisser ma fille à l'école et que je partais travailler. Je n'étais pas tellement disposée à écouter les gérémiades et plaintes de ma soeur (il faut dire que ça faisait quelques jours qu'elle me racontait le même discours!).
Donc je décroche, et blabla et blablabla ! "j'en ai marre, je vais encore me faire arnaquer par mon ancienne proprio..., elle me rendra pas mes sous" et blabla bla, me raconte-t-elle.
Après lui avoir dit que je n'étais pas disponible pour l'écouter sur ce sujet là en particulier, et que je devais partir travailler, elle continuait et ME reprochait tous ses malheurs ????? sur ce? je lui ai raccroché au nez, c'était trop pour moi. Tout était de ma faute ! Voilà sa dernière phrase, mais de quoi parlait-elle ????
J'ai toujours tout fait pour ma soeur. J'ai décroché la lune pour elle, j'ai volé à son secours alors qu'elle habitait Bordeaux et que ça allait mal avec son mec. Elle m'a téléphoné un jour en pleurs, sans me poser de questions j'ai pris mes petits sous, j'ai loué une camionette pour déménager ses affaires, je suis partie toute seule la chercher car elle était en détresse, je n'avais pas le droit de la laisser tomber ! Je n'attendais rien en retour.
Je n'ai jamais eu un seul remerciement de sa part, pour elle c'était normal je le lui devais, soi-disant au nom de la fratrie !
Et là, une fois de plus, tous ses petits malheurs c'est de MA FAUTE.
Ben mince alors !
Je voudrais parler de ma soeur !
Elle a 5 ans de plus que moi ! Le rôle d'une grande soeur est celui de protéger sa petite soeur, de l'aider à grandir, de l'empêcher de faire les conneries, qu'elle, elle a faites, entre autre...
Ben ma soeur, elle, n'a jamais fait tout ça ! Je dirais même plus c'est plutot moi qui ai tenu ce rôle là. Pas bien grave ! Non, bien sûr ! Jusqu'au jour où j'en ai eu marre, plus que marre, de l'écouter pleurnicher à longueur de temps, car c'est l'unique chose qu'elle sache faire. Donner, écouter, échanger, sont des notions inconnues pour ma soeur. Elle ne m'a jamais rien apporté, il a toujours fallu que l'on soit à ses petits soins, pauvre chou, même à 37 ans ! Il faut qu'on l'écoute, elle, c'est normal je suis sa soeur. Mais quand moi j'ai des bobos, elle écoute 1,30 mn puis hop repasse à son sujet favori, ELLE.
Je suis en colère contre elle ! Non ce n'est pas de la colère, plus maintenant, elle a décidé de ne plus me parler ! Qu'est-ce que j'ai ressenti ? RIEN, j'étais soulagée de me libérer de ce poids qu'est ma soeur ! Dur !
Le pourquoi de cette soudaine envie de ne plus me parler ? Mort de rires ! Je ne sais pas si je raconte.
Bon, je me lance ! ...